La République démocratique du Congo (RDC) fait face à un autre problème chronique moins parlé, mais très dangereux. Il faut avouer que ce problem se fonde justement sur une réticence sans exemple de ses dirigeants de prendre la responsabilité de leurs actions. Quand quelqu'un leur demande une question sur un problème qui requiert leur attention, ils présentent rapidement une liste de gouvernements étrangers, institutions étrangeres ou groupes armés étrangers à blâmer. Sans laisser entendre que cela soit automatiquement mauvais, il est clair que bon nombre des difficultés auxquelles se heurte la RDC se résume à un problème de racine unique - la réticence des dirigeants à assumer la responsabilité de leurs actions.
Premièrement, malgré les difficultés de gouverner un pays déchiré par des conflits armés de plus d'une decennie, le gouvernement congolais en commençant par son porte-parole, le minister Lambert Mende Omalanga, ne devrait pas Oublier que le gouvernement a le devoir et la responsabilité de contrôler les comportements de ses hommes en uniforme. Cela signifie que le gouvernement doit être tenu responsable pour des actes de violence sexuelle et autres violations flagrantes des droits commises par des membres de l'armée congolaise. Il existe plusieurs rapports de l'ONU et d'autres organisations à but non lucratif accusant l'armée congolaise (FARDC) d'avoir commis de graves violations des droits humains qui constituent des crimes de guerre, mais le gouvernement n'a pas encore pris des mesures pour enquêter et tenir responsables les soldats responsables de ces atrocités.
Deuxièmement, le minister Mende ne devrait pas oublier que la réforme lente dans le domaine de l'armée nationale démeure la source majeure de donner bonnes et légitimes raisons aux agents internationaux de rester au Congo pour essayer d'épauler la population. Si l'armée est reformée et disciplinée, il n'y aura plus de multiples sous-groupes armés pérénisant la terreur dans la pauvre population. Il n'y aurait plus les déplacés ou refugiés dans leurs propres pays en besoin de l'assistance de ces étrangers puisqu'il n'ya pas un programme sociale du gouvernement pour venir en aide aux rescapés de ces conflits. La reforme de l'armée et des agences de sécurité est vraiment capitale compte tenu de la situation au Congo. Une reforme qui réinstaure la discipline de soldats, qui met fin aux multiples détournements de salaire de militaires (force négative qui détruit la morale des vaillant soldats et les décourage pendant le combat) et une reforme qui châtie serieusement les criminels, indisciplinés, pilleurs au sein de l'armée.
Troisièmement , malgré la présence d'un pouvoir issu des urnes, le minister Mende ne devrait pas oublier que la vie du peuple congolais n'a pas du tout change. Sans parler des problèmes créés par un taux de chômage estimé à près de 90%, l'insécurité est notoire, une préoccupation alarmante de chaque jour à tout congolais de toute province. La vie se peurt à chaque minute, les milices continuent à être formé et l'impunité est pièce de monnaie en circulation plus que le franc congolais. Ce qui est vrai, est que le gouvernement est légitime et juridiquement légitimable à faire tout, déployer tout son énergie, exploiter toutes les réssources en sa possession et nouer toutes les relations possibles avec n'importe quel autre pays de ce monde pour protèger le peuple Congolais. Le rôle ultime d'un gouvernement, c'est de protèger son peuple et ses biens. La vérité au Congo démeure têtue et telle qu'elle est connue que le Ministre Mende, n'a pas nié cela à travers ses réponses aux ONGs internationales. Aujourd'hui, l'attaque de Mbandaka, le jour de Pâques, dimanche le 4 avril 2010, n'est pas une surprise, mais une révélation de la vulnérabilité du peuple congolais en face de multiples groupes armés hors de contrôle du gouvernement. http://www.digitalcongo.net/article/66039
En outre, le minister Mende ne devrait pas oublier que les statiques ne valent rien ou n'apportent aucune justification à toute personne qui a perdu un membre de sa famille ou de sa communauté. Que le nombre de victimes soit moins que prévu initialement, Il est imperatif de rappeler que l'Etat Congolais a ce devoir et obligation de protèger toute vie sans distinction de l'éthnie, genre, religion ou même province d'origine. Ce qui est vraiment déplorable, est que les réponses qui viennent de members du gouverment congolais continuent à faire preuve à la volonté de faire leur propre défense et banaliser les accusations qui pleurent la perte massive de vies humaines. Toute vie est sacrée et doit être honorée de tous, y compris le gouvernement du Congo.
N'etait-il pas aussi important pour ministre Mende de s'attaquer aux rapports des experts de Nations-Unis qui ont fait état d'incidents suivants: 3106 cas de violence sexuelle enregrés dans la période entre Janvier et Juillet 2009 au Nord-Kivu, dont la plupart étaient causés par la FARDC, en Octobre 2009 dans un seul quartier du Territoire de Dungu 116 viols commis par la FARDC.
Selon les mêmes experts de Nations-Unies, "le système judiciaire militaire du Congo a juridiction sur la plupart des cas de violations graves des droits de l'homme et de la loi humanitaire internationale, mais il est faible et peu résistant face à l'ingérence exécutive des décideurs militaires ou politiques."
http://fr.allafrica.com/stories/201003160248.html
De manière surprenante et complètement inattendue, le ministre de la Justice, M. Luzolo Bambi Lessa rejoint son colegue en déclarant que le rapport de Human Rights Watch qui fait état d'un massacre de 300 civils dans le Haut-Uele, province Orientale, en Decembre 2009, par l'Armée de la Resistance du Seigneur de l'Uganda n'est pas sérieux et pourtant il reconnait que vingt personnes ont perdu leur vies.
Est-ce que le Ministre de Justice, peut dire au public congolais quel est le nombre de personnes tuées qui fera à que ce rapport soit consideré sérieux par le gouvernement? Admettons que le chiffre de 20 est correct. Est-ce que la vie de ces 20 personnes n'a pas de valeur pour que leur massacre ne soit annoncée au public et pour que ses actes ne soient dénouncés par le ministre de justice? N'est-il pertinent pour que le gouvernement du Congo donne quand même de lumière aux questions suivantes:
1) Qui sont ces victimes de Lord's Resistance Army (LRA) au Congo rapportées par Human Rights Watch et d'autres sources trois mois après le massacre.
2) Qu'est-ce qui est arrivé à l'armée congolaise et pourquoi elle n'a pas été en mesure de protéger la population.
3) Est-ce que le gouvernement congolais a t-il mené sa propre enquête sur ces massacres qui auraient été commis par les rebelles de LRA en Décembre et quelles ont été les conclusions? Qui était en charge de cette enquête?
4) Qu'est-ce que le gouvernement congolais connait des survivants évoqués par Human Rights Watch.
5) Quelles sont des mesures correctives le gouvernement congolais a pris pour prévenir de futures incidents.
6) Selon différents rapports, la présence de rebelles de la LRA dans les districts du Haut-Uele et du Bas-Uele reste un facteur qui fréine les gens à retourner dans leurs villages. Qu'est-ce que le gouvernement congolais fait pour aider ces populations déplacées dans cette partie de la Province Orientale.
L'indifférence à la mort, est une complicité pure et simple qui encourage les malfaiteurs de continuer à perpétrer ces actes ignobles.
Néanmoins, il est encourageant d'apprendre à travers le Ministre Mende que "Tolerance Zero" est le programme politique du gouvernement pour éradiquer l'impunité. Si cela est vrai, alors "Félicitations" au gouvernement qui a finalement accepté l'appel de longtemps de ceux-là qui ont reclammé d'adopter un programme de l'Etat pour punir les criminels et instaurer l'état de droit. Compte tenu de l'importance d'un tel programme il serait bon que le gouvernement congolais rende accessible au public les rapports périodiques de ce programme. La démocratie dans laquelle veut s'embarquer le Congo exige que l'information sur les programmes et politiques du gouvernement ne soient pas une affaire privée seulement aux members du gouvernement mais plutot une affaire publique exposée à tout le monde qui la cherche. Comment trouver l'information sur l'implémentation de Tolérance Zero, dans les Sud ou Nord Kivu, dans la province Orientale ou en Equateur, ou les troubles continuent à priver les citoyens congolais de leurs droits les plus inalienables.
Pour emprunter les paroles de la ministre Suedoise des affaires européennes « Les autorités congolaises ont la responsabilité de faire en sorte que la politique de tolérance zéro ne soit pas que des mots, mais soit traduite dans la réalité»
http://www.digitalcongo.net/article/63302 Le même conseil a été bien offert au gouvernement congolais par Esteban Sacco, directeur du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) en ces termes: « La solution, c'est la justice, la justice et encore la justice » also « Il faut qu'il y ait un système qui permette de traduire en justice les auteurs des viols».
http://fr.allafrica.com/stories/201003160248.html
En résumé, ce qui est triste c'est que, malgré cinq décennies de données indiquant clairement que la politique de blâmer n'a pas aidé à résoudre les problèmes au Congo, les politiciens congolais se plaisent toujours à l'utiliser pour éviter de prendre la responsabilité de leurs actions. Il est clair que les problèmes du Congo ne peuvent pas être résolus en utilisant le jeu du blâme. la RDC ne serait pas dans le désordre dans lequel elle est aujourd'hui si cette politique était favorable. Le ministre Mende ne devrait pas oublier que tout traitement de ce syndrome de blâmer est un des objectifs réalisables que la classe dirigeante congolaise doit prendre au sérieux car cela permettra de résoudre les autres problèmes.