HUMANITAIRE SANS FRONTIERES
Périodique de l’ADDIHAC pour l’éducation aux droits de l’homme, la diffusion du droit
international humanitaire et la promotion de la culture de paix.
11 ème année Editeur : Norbert BASUMBA P.1
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Il y a soixante ans
(Par Norbert Basumba)
Il y a soixante ans, jour pour jour, la communauté internationale adoptait les quatre Conventions de Genève sur l’amélioration du sort des victimes de la guerre. L’adoption de ces documents de haute portée internationale est la conséquence des affres de la seconde guerre mondiale, notamment la barbarie nazie. Par cet acte, les plénipotentiaires ont prouvé que la finalité de la guerre n’est pas les massacres ni des destructions inutiles, mais plutôt l’anéantissement du potentiel militaire de l’ennemi. Aujourd’hui, les quatre Conventions de Genève figurent parmi les rares instruments juridiques internationaux ratifiés par tous les pays du monde. Les quatre Conventions de Genève sont fondées sur le principe selon lequel les personnes qui ne participent pas ou qui ne participent plus aux hostilités ainsi que les biens qui ne sont pas des objectifs militaires doivent être respectés et protégés. Soixante ans après leur adoption, force est de constater que les objectifs poursuivis par les plénipotentiaires n’ont pas été entièrement atteints. Il y a encore un long chemin à parcourir dans les efforts pour l’humanisation de la guerre. En effet, les Conventions de Genève du 12 août 1949 continuent à être violées dans plusieurs conflits armés à travers le monde. C’est le cas de deux conflits armés en RD Congo où les différentes parties se sont illustrées par des violations graves des Conventions de Genève. Lorsque des armées régulières violent les Conventions de Genève, que feront alors les groupes armés ? Le respect des quatre Conventions de Genève dépend de leur connaissance par ceux qui doivent les appliquer. En outre, la population civile doit aussi connaître les Conventions de Genève, car elle meurt souvent à cause de son ignorance. En effet, les civils se mêlent souvent des choses de la guerre sans connaître les règles qui les régissent. Ainsi, il est important d’accorder une attention particulière à la diffusion de ces Conventions à l’intention du public. Les programmes de formation scolaire et académique doivent aussi tenir compte de l’enseignement des Conventions de Genève, car les jeunes sont les éventuels combattants. Ils doivent connaître les règles énoncées par les Conventions de Genève pour les appliquer le moment venu.
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Ils commencent à trembler
(Albert Lokuli)
A l’issue de son récent séjour en Rép. Démocratique du Congo (RDC), la secrétaire d’Etat américain vient de s’exprimer sur la nécessité de mettre en place un Tribunal Pénal International pour juger les crimes commis dans ce pays. Cette idée est le résultat des témoignages recueillis sur le terrain pendant la visite du chef de la diplomatie américaine dans la partie du Est de la RDC. Aucun être humain ne peut être insensible vis-à-vis de nombreuses violations graves du droit international humanitaire commises pendant les conflits armés.(Suite à la page 2)
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« Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage ».
Article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme.
-------------------------------------------------------------------------------------------------------P.2
Ils commencent à……
(Suite de la page 1)
L’ADDIHAC figure parmi ceux qui se battent pour la création d’un TPI pour la RDC, car les crimes commis dans pays ne peuvent pas demeurer impunis. La création de cette instance judiciaire est très importante pour juger les responsables importants de toutes les violations graves du droit international humanitaire pour lesquelles la Cour Pénale Internationale n’est pas compétente. Le déni de justice sur les violations graves du droit international humanitaire en RDC constitue un acte discriminatoire contre le peuple congolais, dans la mesure où il serait le seul à subir un tel traitement parmi les autres peuples qui ont subi des drames semblables et pour lesquels les Nations Unies ont institué des juridictions pour juger les criminels. Ne pas poursuivre les présumés coupables est une façon d’encourager la répétition de tels actes. L’impunité en matière pénale, comme l’a déclaré Louise Arbour¹, est particulièrement choquante, car elle rend la justice illusoire et par conséquent incite à la répétition des mêmes crimes. L’ADDIHAC se réjouit et soutient l’idée de la secrétaire d’Etat américaine. Il fallait s’y attendre.
- Ancien procureur TPIR. Conférence à Montréal. 7 décembre 1999.
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Le massacre de Tingi-Tingi
(Par Albert Lokuli)
L’ADDIHAC poursuit sa campagne de sensibilisation pour la mise en place d’un tribunal pénal international pour juger les violations graves du droit humanitaire commises en RDC.
Parmi les violations graves du droit international commis en Rép. Démocratique du Congo, il convient de citer également le massacre de Tingi- Tingi dans la province orientale.
Le massacre de Tingi-Tingi a eu lieu en 1997 pendant la progression des troupes de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo/ Zaïre (AFDL) et leurs alliés. A Tingi- Tingi, des femmes, des vieillards et des enfants ainsi que des malades qualifiés par les ONG de « morts vivants » furent soumis à une mort atroce. Une grande partie de rescapés de Tingi- Tingi ont disparu après plus de quatre jours de séquestration à Kasese et Bairo par les rebelles et leurs alliés de l’armée rwandaise. Plusieurs ONG n’ont pas été autorisées d’assister les réfugies. Elles parlaient déjà de « solution finale ». Les organisations humanitaires accusaient les rebelles de vouloir exterminer les réfugiés par la faim. Les rebelles de l’AFDL et leurs alliés de l’Armée Patriotique Rwandaise furent également accusés par l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, de vouloir tuer les rebelles à petit feu. Ces propos furent aussi tenus par son prédécesseur, Boutros Boutros Ghali qui a parlé d’un génocide par la faim. Avant la séquestration des réfugiés, les rebelles ont coupé l’aide et s’attaquaient aux convois humanitaires de ravitaillement. Le massacre de Tingi- Tingi s’inscrit dans le cadre de la politique de « nettoyage » décidée par l’AFDL et ses alliés rwandais. Ainsi, il s’agit d’un crime contre l’humanité, car c’est une attaque systématique et généralisée contre une population civile pour des raisons ethniques et suivie d’une extermination. Ce qui justifie la mise en place d’un tribunal pénal international pour la Rép. Démocratique du Congo pour juger les présumés auteurs et commanditaires de ce crime.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------P.3
Le dialogue est une vertu
(Par Dembo)
Le dialogue peut être considéré comme une communication entre deux ou plusieurs personnes ou groupe de personnes dans le but d’aboutir à un accord sur un sujet donné. Il s’agit d’une démarche en vue de régler un litige ou aplanir un différend. Le dialogue facilite le règlement pacifique d’un conflit et permet d’atténuer une tension susceptible de dégénérer.
Il instaure la concorde en offrant aux hommes et aux communautés l’occasion de se mettre ensemble pour parler. C’est un catalyseur de la paix qui éloigne le risque de la guerre. Le dialogue facilite le retour à la paix après les affrontements armés. Le dialogue unit ce qui est divisé. Comme tel, le dialogue est une vertu, car il a la ferme disposition à éviter le mal et à faire du bien. Rien ne sert de recourir aux armes. Le dialogue peut tout régler. C’est l’une des valeurs qui contribuent à la promotion de la culture de la paix.
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Le calvaire d’un enfant soldat
(Norbert Basumba)
En prévision de la visite d’inspection dans un camp de formation des enfants soldats, le commandant fait un briefing aux pensionnaires du centre :
-Dans quelques jours, nous recevrons la visite du général qui viendra en inspection. Il vous posera certainement les questions ci-après :
-Depuis quand êtes –vous en formation dans ce centre ? Vous répondrez alors deux ans.
-S’il vous demande quel âge avez-vous ? Vous dîtes vingt ans.
-Au cas où il vous posera la question de savoir si la nourriture distribuée sur place vous plaît ou pas ? Vous répondrez l’un et l’autre, cà.d, cela nous plaît et ne nous plaît pas.
Le jour de la visite d’inspection, le général se trouve devant un enfant soldat qui attire son attention et lui pose les questions telles que prévues par le commandant du centre :
- Depuis quand es tu arrivé dans ce centre ?
- Vingt ans, répond l’enfant soldat.
- Quoi ? S’interroge le général qui pose une seconde question :
- Alors quel âge as-tu ?
- Deux ans répond l’enfant soldat sans rire.
- Me prends –tu pour un général ou pour un imbécile, réagit le général.
- L’un et l’autre, répond l’enfant en tremblant.
Pris de colère, le commandant ordonne d’infliger vingt coups de fouet au pauvre enfant.
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